le cheval de feu

Oracles 2026

Metaphora
3 min ⋅ 12/01/2026

Le cheval de feu

Oracles

Ô Forces oraculaires !

Quelle Vérité nous attend ? Quel chemin se dessine pour l’an nouveau, l’an 01 ?

Les signes s’agitent, tous, ils clament le Commencement, le Nouveau monde en marche. Le serpent de bois s’est consumé, le cheval de feu est en route, c’est l’année, l’année ou jamais, quel chemin, quelle vérité ?

Écoutez, dit l’oracle. Vous, adorateurs des malheurs, nul besoin de vous révéler une parole déjà parlée. L’année nouvelle est si vieille. Les signes si anciens. Il n’y a plus rien à prédire, ni même à dire. Puisque c’est déjà la Fin.

Entendez-les Trumpettes de l’Apocalypse !

Entendez les oiseaux de mauvais augures, les corbeaux mangeurs de chairs vous suivent et vous déchirent le ventre de leur bec acéré, le sang coule et macule de peur vos écrans-néants,

le sang coule et les serpents s’enroulent ! Entendez les haines vociférer, les pieux plantés dans les dieux, les dogmes maudire la pensée, les crimes devenir Humanité.

Entendez-les tinter, les légions d’horreur.

Vos oreilles sont pleines. Vous n’en avez pas assez ?

Alors regarder le ciel suffit, le ciel prophétise du passé,

 La neige vous câline un doux nuage blanc, en 24h le vent hurlant

Arrache vos rêves et les jettent dans la boue.

Il n’y a plus rien à prédire, et vos yeux crèvent.

Alors dansez, dansez maintenant la danse macabre des Fins des temps, la Peste des mâles blancs, la Grande Gerbe des milliardaires, le Statu Quo-colonial, l’Apocalypse from USA, les illusions blafardes de l’IA.

Ecrasée, ratatinée la terre

 Devient bel et bien plate,

Et vous, pâtée.

Voila ce que vous murmurent vos songes.

Ainsi parle l’oracle de Vérité.

Les signes, à l’entendre, finissent par prendre peur. Ce n’est pas comme ça qu’ils imaginaient l’histoire.

Ce prophète en toge blanche qui sonne son gong, n’a certes, plus rien à dire, mais les signes eux, continuent la parade.

Pour celles qui veulent encore croire.

Sans ironie, sans transcendance. Croire au monde, dans ce qu’il est maintenant : un monde de débordements.

Bienvenue au Carnaval, au Charivari des folles

L’Apocalypse est morte,

Chantez la cavalcade ! Il arrive, il galope

Le cheval de feu ! Ne dites plus rien, embrasons-nous.

C’est la jumente en flammes qui réveille les spectres. Les morts débordent, allons les rencontrer.

C’est le poney fringuant qui s’élance en comète, il veut jouer, jouons et débordons les règles.

C’est l’animal sans cavalier, le feu sans Prométhée, le poème sans poète.

Les mots débordent, saisissons-les, sans volonté de dire, sans discours, sans paternité.

La vérité est le plus beau mystère. L’oracle qui rougeoie dans les braises n’a pas de maître, ni de prophète. Il est donné.

Le cheval courait au bonheur, disait Paul Fort, un bonheur dans le prés. Il suivait sa ligne, et nous le suivions et nous courions derrière lui. Pour savoir.

Le cheval sait tout. Il sait pour la Fin, pour les pesticides, pour la mort des abeilles. En feu, il court encore, le but importe moins, que la manière d’aller. Pour sauter les obstacles, il a la confiance du sol. De la terre qui l’accueille.

La vérité est le plus beau mystère.

L’univers est clos, mais les mondes infinis.

La révolution est et sera sans Auteur, pleine d’autrices en feu, de sorcières amoureuses. Elle vit dans la folie surréaliste, la voyance artiste, la science féministe, et surtout la danse. Elle s’agite dans les luttes nocturnes à l’intérieur des pages, au débord des rivières.

Débordement plutôt qu’inondation ?

Débordement plutôt qu’insurrection ?

Ce qui déborde en nous, comme le cheval de feu, peut nous faire passer. Passer n’est pas s’en remettre au ciel ni se défaire des passions, passer n’est pas attendre d’autorisation, ni imposer de domination.

En passant nous perdons notre pouvoir de disqualification

Nous gagnons celui de chimérisation.

Je me tourne vers la montagne, avec ces trois pointes, cette montagne-là qui me chante. Je regarde les lignes du Yi Jing, les cartes du Tarot, les étoiles filantes. Les mortes et les vivantes.

Je vois ces choses qui me font. Je ne suis ni l’une ni l’autre.

Et nous pouvons co-naître.

Metaphora

Par Marie-Emilie Porrone